Depuis le rachat de Youtube en octobre 2006, Google s’est empressé de conclure des accords avec des majors, des éditeurs et des groupes médias tels que Viacom, pour légaliser la diffusion de vidéos protégées. Mais aujourd’hui c’est la débâcle, le modèle économique offert par Google ne séduit plus Viacom qui préfère la plateforme Joost, créée par les fondateurs de Skype et Kazaa.
Joost propose de diffuser uniquement les vidéos ayant obtenu l’accord des ayants droits. Ce modèle à l’avantage d’offrir plus de sécurité. On comprend ainsi le recours en justice de Viacom contre son nouvel ennemi Google, à qui il réclame 1 milliard de dollars pour les 160.000 vidéos encore présentes sur Youtube.
Son action soutenue par d’autres groupes médias (qui n’ont pas pris part à la procédure judiciaire) marque le départ d’une bataille entre le monde de l’Internet, chasse gardée de Google, et les médias traditionnels bien décidés à se tailler la part du lion des bénéfices publicitaires.
Google se cache derrière le Digital Millenium Copyright Act (DMCA) selon lequel les services Internet sont exonérés de responsabilité en matière de droit d’auteur, lorsqu’ils agissent promptement pour retirer les contenus, à la demande des détenteurs des droits. Néanmoins, cela ne doit pas être un moyen de s’enrichir indûment au détriment des ayants-droit. En France, au regard de la récente jurisprudence Tiscali (Cour d’appel de Paris 4ème chambre, section A, 7 juin 2006), le moteur de recherche pourrait voir sa responsabilité engagée en qualité d’éditeur en raison de l’exploitation commercial de Youtube.
Pourtant, Google ne cesse de clamer qu’il fait son possible pour trouver des moyens de filtrage efficaces. C’est en effet le cas, mais uniquement pour ses partenaires. En d’autres termes « c’est marche ou crève ! ». Google justifie ce chantage, au motif que le filtrage n’est pas automatisé. On se demande alors comment fait Myspace pour offrir à tout ayant-droit qui en fait la demande, un système de filtrage totalement gratuit.
Google tient le haut du pavé et accroît ses revenus publicitaires, déjà considérables, par la diffusion illégale de vidéos protégées, ce qui naturellement fait grincer des dents ses concurrents et les ayants-droit. Aujourd’hui, c’est à celui qui imposera son modèle.
Internet vit aujourd’hui à l’heure des sites communautaires, où les contenus illégaux sont une norme. Mais la dictature du consommateur à laquelle Google contribue volontiers, au bonheur de son portefeuille, est inacceptable ! À défaut de pouvoir empêcher l’essor grandissant de ces sites, la solution résiderait dans la négociation. Or ce nouvel épisode annonce une bataille très serrée.
